Comment les douze signes sont arrivés jusqu’aux universités européennes
Le zodiaque est mésopotamien, et sa forme en douze secteurs égaux date du Ve siècle avant notre ère. Il passe par la Grèce, puis par le monde arabe, avant d’être enseigné dans les universités européennes. Chaque étape a laissé sa trace dans le vocabulaire.
Babylone : découper le ciel en douze parts égales
Les astronomes babyloniens observaient depuis longtemps les constellations traversées par le Soleil lorsqu’ils ont, vers le Ve siècle avant notre ère, opéré une simplification décisive : découper cette bande du ciel en douze secteurs de trente degrés chacun. Les constellations réelles sont de tailles très inégales ; les signes, eux, deviennent des unités de mesure régulières.
Cette abstraction est ce qui rend l’astrologie calculable, et donc transmissible. Elle explique aussi un décalage souvent mal compris : un signe et la constellation qui porte le même nom ne coïncident plus, la précession des équinoxes ayant déplacé les secondes par rapport aux premiers depuis l’Antiquité.
La Grèce : l’horoscope individuel
Le monde hellénistique, et particulièrement l’Égypte grecque d’Alexandrie, ajoute une idée qui n’était pas centrale à Babylone : établir une carte du ciel pour l’instant de naissance d’une personne. Le vocabulaire technique de l’astrologie occidentale se fixe alors en grec, et le mot horoskopos, qui désigne littéralement l’observation de l’heure, entre dans la langue.
C’est à cette période qu’est composé le traité qui servira de référence pendant quinze siècles, la Tétrabible attribuée à Claude Ptolémée, au IIe siècle de notre ère à Alexandrie.
Le monde arabe : la conservation et le calcul
Après l’Antiquité tardive, la transmission passe par les savants de langue arabe, qui traduisent les traités grecs, les commentent et perfectionnent les instruments de calcul. L’astrolabe, dont les exemplaires les plus aboutis sont produits dans cet espace, sert précisément à déterminer l’heure et la position des astres, opération préalable à tout thème.
Le vocabulaire européen en garde des traces nombreuses. Les noms de nombreuses étoiles employés en astronomie comme en astrologie sont des transcriptions de l’arabe, et le mot almanach, qui désignera plus tard les recueils de prévisions, suit la même route.
L’Europe : une matière enseignée
Les traductions latines réalisées en Espagne et en Sicile aux XIIe et XIIIe siècles font entrer cette matière dans les universités européennes, où elle est enseignée avec l’astronomie et la médecine. Le statut de l’astrologie change alors profondément : elle est une discipline savante, pratiquée dans les cours et adossée à un enseignement.
Cette légitimité universitaire recule à partir du XVIIe siècle, avec la nouvelle astronomie et la séparation progressive des deux disciplines. L’astrologie continue toutefois d’exister hors de l’université, ce qui prépare sa reconversion, au XXe siècle, en rubrique de presse.
Questions fréquentes
Pourquoi mon signe ne correspond-il pas à la constellation ?
Parce que les signes sont des secteurs de trente degrés fixés il y a environ deux mille cinq cents ans, alors que les constellations sont des figures inégales dont la position apparente a glissé depuis, du fait de la précession des équinoxes. L’astrologie occidentale a conservé les secteurs.
L’astrologie a-t-elle été enseignée à l’université ?
Oui, dans plusieurs universités européennes du Moyen Âge et de la Renaissance, souvent en lien avec la médecine. Ce fait historique ne dit rien de la valeur prédictive de la discipline, qui n’est pas établie ; il dit seulement quel statut elle a occupé.
Astrologie et astronomie ont-elles toujours été distinctes ?
Non. Pendant très longtemps, les deux mots désignent des activités largement confondues, et les mêmes personnes les pratiquent. La séparation se joue entre le XVIIe et le XVIIIe siècle.